Manifestation place de la République à Paris, lors d'une journée d'action nationale, le 5 novembre 2026 ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )
Des milliers de personnes sont attendues dans les rues pour le quatrième samedi consécutif, sous haute sécurité et avec pour épicentre Paris où des gilets jaunes entendent essayer de s'approcher des lieux de pouvoir, deux jours après une mobilisation nationale de grande ampleur à l'appel des syndicats.
Les autorités s'attendent à ce qu'entre 130.000 et 170.000 personnes manifestent sur l'ensemble du territoire, dont 60.000 à Paris, selon une source proche du dossier interrogée samedi.
Dans la capitale, l'intersyndicale de jeunesse (Union étudiante, Fage, Unef et USL) et des unions syndicales régionales (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFDT) appellent à manifester au sein d'un cortège autorisé reliant les places de la République à celle de la Nation.
Mais la coordination des gilets jaunes a décidé de faire cavalier seul. Marquant clairement ses distances avec les syndicats, elle a appelé à un rassemblement distinct et interdit par les autorités à 14h00 place de la Concorde.
Samedi matin, un très important dispositif de police était visible aux abords de la célèbre place parisienne, en face de l'Assemblée nationale et à peu de distance de l'Elysée, pour faire respecter l'interdiction.
Des policiers des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) postés place de la Concorde à Paris, le 7 novembre 2026, avant une manifestation à l’appel du mouvement des gilets jaunes, dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )
La préfecture de police a indiqué sur X avoir procédé à 847 contrôles à 11h00 dans les gares à Paris et en petite couronne.
Un rassemblement prévu plus tôt dans la matinée par des gilets jaunes près de la Tour Eiffel n'a finalement pas eu lieu, selon les constatations de l'AFP sur place.
En région, les gilets jaunes prévoient au total quelque 164 actions samedi partout sur le territoire, selon leur carte interactive samedi matin, loin des quelque 1.700 actions revendiquées pour leur acte I du 17 octobre.
Maintenir la pression
La nouvelle mobilisation vise à maintenir la pression deux jours avant une conférence sociale avec les syndicats et le patronat convoquée lundi matin à Matignon, et des rencontres avec les organisations lycéennes et étudiantes l’après-midi.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale, le 4 novembre 2026 à Paris ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Dans un courrier vendredi aux partenaires sociaux, le Premier ministre Sébastien Lecornu, confronté à un automne social très chaud, assure "entend(re) les attentes exprimées sur les salaires et le pouvoir d’achat" et les "inquiétudes" des employeurs. Cette conférence "permettra de présenter les réponses concrètes aux attentes des Français", affirme-t-il.
À l'image de la journée de mobilisation de jeudi qui s'est "globalement bien déroulée" selon le ministère de l'Intérieur, les autorités veulent à tout prix éviter que se reproduisent les scènes d'émeutes et de pillages du 17 octobre.
Le dispositif massif de sécurité en vigueur depuis lors est donc "reconduit" vendredi, avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés sur l'ensemble du territoire, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
"Le risque est exactement le même que pour les samedis précédents", a-t-il souligné, appelant les préfets à "ne pas baisser la garde face à des phénomènes plus éclatés voire sporadiques dont le niveau de violence ne baissera pas en intensité".
"Évidemment, les centres-villes demain (samedi, NDLR) seront protégés systématiquement. Les préfets ont pris des arrêtés d'interdiction de manifestation dans les centres-villes de sorte qu'il ne puisse pas y avoir de rassemblement spontané", a-t-il ajouté.
"Ne pas attendre la présidentielle"
À Rennes, par exemple, la préfecture d'Ille-et-Vilaine a estimé que "les conditions ne sont pas réunies" pour la tenue de rassemblements dans le centre, notamment en raison des "graves violences" jeudi dans la ville.
Heurts entre forces de l'ordre et manifestants à Rennes, lors d'une journée d'action nationale le 5 novembre 2026 ( AFP / Alain JOCARD )
La suite du mouvement, elle, dépendra en grande partie des réponses que va apporter le gouvernement lundi lors de la conférence sociale.
L'intersyndicale rassemblant les huit principaux syndicats nationaux a d'ores et déjà indiqué qu'elle prendrait position dès lundi soir.
L'ampleur de la manifestation de jeudi "doit inciter le gouvernement à comprendre qu'il ne peut pas attendre la présidentielle", a affirmé Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, premier syndicat français, qui réclame une hausse de 100 euros nets mensuels du Smic.
Le gouvernement laisse entendre depuis plusieurs jours qu'il est ouvert à une mesure sur le Smic, mais son ampleur n'atteindra sans doute pas les exigences des syndicats.

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